Salaires de la sécurité privée en 2027 : ce que les donneurs d’ordre doivent anticiper

La trajectoire de revalorisation salariale prévue pour 2024, 2025 et 2026 arrive à son terme. Pour 2027, la négociation de branche est ouverte : les employeurs proposent actuellement une hausse de 1 %, tandis que les organisations syndicales revendiquent 10 %. Entre les deux, le SMIC se rapproche fortement du bas de la grille conventionnelle. Une situation que les donneurs d’ordre ont intérêt à anticiper dans leurs contrats de sécurité.

La fin d’une trajectoire salariale programmée sur trois ans

L’accord collectif du 25 septembre 2023 avait fixé à l’avance les revalorisations des salaires minimaux conventionnels de la branche prévention-sécurité : +5 % pour 2024, +3,2 % au 1er janvier 2025 et +2,8 % au 1er janvier 2026.

Cette programmation a permis aux entreprises comme aux donneurs d’ordre de disposer d’une visibilité inhabituelle sur trois exercices. Aucune nouvelle hausse n’étant programmée pour 2027 dans cet accord, l’évolution de la grille dépend désormais de la négociation salariale engagée entre les partenaires sociaux.

Ces évolutions s’inscrivent dans le cadre conventionnel et réglementaire de la sécurité privée, dont les effets doivent être pris en compte dans l’organisation et le coût des prestations.

Salaires sécurité privée 2027 : coefficient 120, SMIC, NAO et durée minimale de travail

Un bas de grille désormais très proche du SMIC

Au 1er janvier 2026, le coefficient 120 de la grille conventionnelle est fixé à 1 883,85 € brut par mois pour une base de 151,67 heures.

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut atteint 1 867,02 €. L’écart entre les deux niveaux n’est donc plus que de 16,83 € par mois.

Ce rapprochement réduit fortement l’espace disponible en bas de grille et constitue l’un des éléments centraux de la négociation engagée pour 2027.

NAO 2027 : des positions encore très éloignées

Les premières discussions ont fait apparaître un écart important entre les partenaires sociaux.

  • Côté employeurs, une première proposition à 0 % a été présentée durant l’été avant qu’une revalorisation de 1 % ne soit proposée en septembre et défendue début octobre par le Groupement des entreprises de sécurité privée (GES).
  • Côté salariés, les six organisations syndicales représentatives portent une revendication commune de 10 % sur l’ensemble de la grille, accompagnée d’une revalorisation des accessoires de salaire.

À ce stade, aucun de ces chiffres ne constitue donc la future hausse applicable en 2027. Une revalorisation devra résulter d’un accord valide puis, selon les entreprises concernées, de son éventuelle extension avant de produire pleinement ses effets.

La période minimale de travail de 6 heures change aussi l’organisation

La question salariale n’est pas la seule évolution à intégrer dans les coûts de prestation. Depuis le 1er juillet 2026, les nouvelles dispositions conventionnelles relatives à la durée minimale d’une période de travail portent le minimum de rémunération et de planification à 6 heures, selon les modalités et exceptions prévues par l’accord de branche.

Cette évolution peut avoir un effet direct sur certains dispositifs reposant historiquement sur des interventions ou des périodes de présence courtes. Elle oblige donc à réexaminer certaines organisations afin de concilier exigences opérationnelles, règles conventionnelles et maîtrise des coûts.

Ce que les donneurs d’ordre doivent anticiper dans leurs contrats

Dans la surveillance humaine et le gardiennage, le coût d’une prestation dépend très fortement de sa composante salariale. Toute évolution significative des minima conventionnels ou des règles d’organisation du travail se répercute donc mécaniquement sur l’économie du contrat.

Pour un acheteur, trois points méritent une attention particulière :

  1. Prévoir une clause de révision des prix adaptée, capable de prendre en compte l’évolution réelle du coût du travail pendant la durée du marché.
  2. Rester vigilant face aux offres anormalement basses, notamment lorsqu’un prix paraît difficilement compatible avec les minima conventionnels, les qualifications demandées et l’organisation prévue.
  3. Anticiper le dialogue avec le prestataire avant l’entrée en vigueur d’une nouvelle grille, plutôt que d’attendre qu’une évolution salariale devienne une difficulté d’exécution du contrat.

NOTRE REGARD

Le prix d’une prestation doit rester cohérent avec les moyens mobilisés

La sécurité humaine reste une activité à forte intensité de main-d’œuvre et aux marges structurellement réduites. Le rapport IGA-CGEFI publié en 2026 souligne notamment la fragilité économique du gardiennage et de la surveillance humaine, avec des marges nettes situées autour de 2 %.

Dans ce contexte, une revalorisation salariale ne peut pas être considérée uniquement comme une question interne au prestataire. Elle interroge aussi la construction du prix, la soutenabilité du contrat et la capacité à maintenir durablement les moyens humains attendus par le donneur d’ordre.

Votre contrat de sécurité arrive en révision en 2027 ?

Anticipons ensemble l’impact des évolutions de la branche sur l’organisation et le coût de votre dispositif.

Sources : Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité ; accord collectif triennal du 25 septembre 2023 ; Urssaf, montant du SMIC au 1er juin 2026 ; avenant du 3 septembre 2025 relatif à la durée minimale d’une période de travail ; publications des partenaires sociaux de la branche ; rapport IGA-CGEFI sur la fragilité économique du secteur de la sécurité privée.

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